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Premier baromètre des risques supply-chain

, par Luc Battais

Le cabinet de conseil KYU, spécialisé notamment dans la gestion des risques vient de publier son premier baromètre des risques supply chain. L’occasion de faire le point sur ce que sont ces risques et comment ils sont gérés dans les entreprises françaises.

Construit en coopération avec le Master spécialisé de management des risques de l’Ecole des Arts et Métiers ParisTech, cette étude-baromètre se fixe pour objectif d’identifier l’état actuel des risques supply-chain et de leur gestion au sein des entreprises françaises. Il a été établi à partir d’un questionnaire d’une vingtaine de questions adressé à plus de 500 responsables de la gestion des risques, des achats et de la supply-chain afin d’obtenir une vision la plus complète possible de la situation. Pour cette première édition une centaine de réponses ont été obtenues couvrant seize secteurs d’activité.

Encore des progrès à faire

Globalement l’étude conclut que les entreprises ont encore des progrès à faire pour cartographier correctement ces risques, les prévenir et mettre en œuvre les dispositifs et les organisations nécessaires à la résilience de leur supply-chain.
Pourtant, selon le baromètre Allianz qui établit chaque année un « TOP 10 » des risques dans la vie des affaires mondiale, cité par KYU, le risque supply-chain est devenu en quelques années le second risque d’entreprise.

Selon KYU, les principales causes de cette évolution sont la mondialisation des cartes clients et fournisseurs, l’externalisation des activités, le développement de modèles collaboratifs, la recherche permanente de compétitivité, le développement des nouvelles technologies qui ont fait de la supply chain à la fois un véritable moteur de performance pour l’entreprise, un facteur de différenciation vis-à-vis de ses clients et un de ses plus grands risques en cas de défaillance !
L’interruption d’activité de l’entreprise est ses conséquences directes et « réputationnelles » est une préoccupation majeure des directions générales.

Quelles criticités ?

L’étude note également que l’appréciation du niveau de criticité dépend de la complexité des organisations et de leur caractère plus ou moins « lean », les industriels étant plus sensibles à toute forme de perturbations que les acteurs de la distribution ou des services.
Les risques considérés les plus critiques sont ceux qui touchent aux opérations, tels que le défaut qualité ou l’accident industriel. Viennent ensuite les risques d’intensité, peu fréquents, liés à l’environnement mondialisé des entreprises, tels que le cyber, les catastrophes naturelles ou l’instabilité réglementaire. A contrario, l’appréciation de la criticité du risque RSE apparaît étonnamment faible.

Eviter les effets domino

La maturité des dispositifs de maîtrise des risques supply-chain est liée à l’évaluation de sa criticité. L’étude relève que si l’Industrie a globalement intégré ces risques dans ses processus opérationnels et décisionnels en se dotant d’outils, la distribution et les services sont moins avancés sur le sujet. Certains risques comme le cyber ou l’incendie restent assez mal appréhendés partout faute de prise de conscience.

Si les technologies offrent de nouvelles perspectives pour gagner en visibilité, la maîtrise des risques se heurte à la complexité de supply-chains composées de centaines voire de milliers d’acteurs. C’est probablement une approche par secteur et/ou par région visant à imposer des standards en matière de prévention incendie,de sécurité cyber et de continuité d’activité qui permettra d’améliorer la résilience des entreprises en diminuant l’effet domino d’un risque fondamentalement systémique !

Sous-estimation du risque RSE ?

L’étude KYU se termine par un chapitre consacré à une mise en perspective des principaux risques supply-chain. Elle constate pour s’en étonner la très « faible criticité du risque RSE pour l’ensemble du panel interrogé, jamais cité dans le Top5 des risques les plus critiques et dont la probabilité d’occurrence et l’impact sur l’entreprise sont qualifiés de « faible » par la plupart des répondants. »

Ce résultat, toujours selon l’étude, apparaît inversement proportionnel à sa présence dans l’actualité, à la sensibilité de l’opinion publique et à la communication des entreprises sur le sujet. Est-ce le signe d’une sous-estimation du risque, de la maturité des mesures mises en place pour le prévenir ou une forme d’honnêteté quand il s’agit de hiérarchiser les risques en fonction de leur impact réel sur le fonctionnement de la supply-chain dont la finalité reste de fournir aux clients les produits ou services demandés dans des conditions optimales de qualité, de quantité, de délais et de coût ? La question reste posée.

Pourtant les auteurs rappellent que l’actualité récente fourmille d’événements ayant eu un impact important sur l’image d’entreprises prises en flagrant délit de légèreté avec la RSE.

« Qu’il s’agisse du secteur textile ou de l’électronique vis-à-vis des conditions de travail dans les usines de leurs sous-traitants, des marques de jeans et de la surconsommation d’eau de leur processus de production,des marques de luxe et de la maltraitance animale, des constructeurs automobiles et des tests d’homologation truqués, des industriels de l’agro-alimentaire et de l’impact de l’utilisation de l’huile de palme sur la déforestation… Les conséquences indirectes de ces pratiques se sont traduites par la défiance des consommateurs et des pertes de chiffre d’affaires. »


Voir en ligne : Lire l’étude

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